lundi 11 avril 2011

C'est peut être ça.

Le vent est un voyeur. Il s’immisce et s'engouffre, il dévoile de sa tiédeur la sensualité d'une jambe, la douceur d'une peau. Les fruits mûrs et suaves préservés, qu'il cueille nonchalamment, les dévoilant aux regards en biais des passant complices.
Il berce les branches basses des arbres qui s'habillent à nouveau. Pousses vertes et tendres qui se balancent au gré de la brise. Elles semblent presque danser.
Il charrie dans sa course les promeneurs, cyclistes, coureurs. Les moins pressés ralentissent le pas pour observer le paysage radieux, le soleil qui descend, sa chaleur apaisante. Il fait bon. Il fait bon s’arrêter. Savourer les parfums qu'exhale ce début d'été. Il fait bon s'allonger dans l'herbe et rire.
Ecouter le flot paisible du Rhone qui s'écoule lentement et rejoint la berge en un clapotis. Respirer le doux parfum de cette sérénité retrouvée. Toucher du bout des doigts cette félicité, comme un aparté. Ralentir. Figer le temps, saisir toute l'importance de l'instant. Une petite éternité.
Tout est parfait. Les parfums, les saveurs, les odeurs qui emplissent d'une douceur sucrée quand on les respire. Cette symphonie silencieuse qui s'écoule au creux d'un sourire. La chaleur d'une main tout contre la sienne. L'écrin protecteur et divin d'une épaule où se reposer.
Plus rien n'a d'importance. Il peut y avoir des milliers de badauds, ils n'existent pas tout à fait. La seule réalité qui vaille est celle qu'on se crée. Celle de la faveur de l'étreinte, des flots qui crépitent un peu plus bas contre le quai, des branches qui se balancent au dessus de nos têtes. Rien d'autre ne compte. Rien ne se passe, pas même ailleurs. Il n'y a qu'ici et maintenant. Cet éclair de bonheur qu'on vole au brouhaha de la ville frémissante qui jamais ne s’arrête. Il suffit parfois d'un rien pour éclipser cet assourdissant quotidien.
Rien. C'est parfois bien assez. C'est parfois l'essentiel.

La vie est un long fleuve tranquille.
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